Lacaussade: Anylase du poème "À l'île natale"

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Manfred Overmann

Étude du poème « À l’île natale » à l’aurore du romantisme

Dossier avec les annotations en PDF

Lacaussade offre à son lecteur un parcours personnalisé de sa poésie et de sa vie de poète créole qui illustre son enfance bénie au départ de son île bourbonnaise. La faune et la flore exceptionnelles qui ont embaumé et enchanté son enfance sont les facteurs déterminants qui ont forgé son tempérament moral, son intelligence et son sentiment et constituent l’alchimie de son œuvre qu’il s’agira de démêler.

Le poème « À l’île natale » qui met en scène une pulsion fortement autobiographique de l’écriture lacaussadienne est un bel hommage à l’aspiration d’un passé fusionnel de  la muse de l’enfance du chantre de l’île de la Réunion et une image idéalisée d’un jardin édénique que le poète engagé dans le combat pour l’abolition de l’esclavage et la République, mais éperdu dans sa migration métropolitaine ne retrouvera jamais. Dans son identité flottante de métis qui est inspirée « par le ciel des Tropiques », « les palmiers de la Salazie » et « les chênes de la France  la déchirure lacaussadienne de l’ex-îlé Créole qui cherchera à rapiécer  les souvenirs de son île perdue dans un effort d’osmose restera toujours ouverte et ne sera jamais suturée.

En 1839 Lacaussade publie Les Salaziennes, dédiées à Victor Hugo, première manifestation de son exotisme tropical et de la révolte du poète opprimé et ex-îlé. Le poète a vingt-quatre ans et a passé la moitié de sa vie à l’île Bourbon (1815-1825 et 1834-1836). Selon Barquissau à cette époque le poète est « romantique jusqu’aux moelles »  ce qui le poussera à traduire les Œuvres d’Ossian en 1842 et de s’engager aussi sur la scène politique. Lacaussade se conduit comme un missionnaire avec la foi de l’affranchi et brandit le drapeau de la liberté qui est le mot d’ordre de la jeune génération, pour guider le peuple dans la France romantique vers la République et l’abolition de l’esclavage. Malgré ses ardeurs et aspirations ostentatoirement républicaines, son champ d’action et son terrain de bataille se traduisent essentiellement par une manifestation poétique, expression de foi, de devoir et de morale du poète.

En 1852, à trente-sept ans, Lacaussade publie son deuxième recueil Poèmes et Paysages où il dépeint touche par touche, poème après poème, le tableau du poète-voyageur relié par le cordon ombilical de l’imaginaire exotique à son île natale, l’île Bourbon, qui l’a vu naître, l’a allaité de sa riche semence, qui l’a vu grandir au sein de ses paysages splendides et l’a vu partir, malheureux et mélancolique en exil à Nantes et dans la France métropolitaine. Ex-îlé en France, dans cette terre chétive et pauvre de lumière, la nostalgie réveille ses souvenirs d’enfance bourbonnaise qui le comblent de bonheur et contribuent à son équilibre psychologique de réfugié.

Dès l’introduction à la première édition, c’est-à-dire dans la préface placée en tête de son livre, le poète créole déclare vouloir faire en vers ce que Bernardin de Saint-Pierre a fait en prose, dépeindre la nature des Tropiques, mais cette fois ci par des chants poétiques qui s’imposent à lui pour dresser le tableau de son île natale dans toutes les facettes de sa splendeur subjective.

« La nature sous les tropiques a été sentie et rendue supérieurement par Bernardin de Saint-Pierre, mais elle n’a pas été chantée encore. Ce que l’auteur de Paul et Virginie a fait dans la langue de la prose, il nous a semblé qu’on pourrait le tenter dans la langue des vers. De là ce volume de Poèmes et Paysages où on a cherché à rendre, dans toute sa sévérité, la riche nature de l’Ile Bourbon, l’une des plus belles ires des mers de l’Inde ».

Voilà Lacaussade qui plante sa croix en terre inconnue pour en prendre possession. En s’autoclamant le Bernardin de Saint-Pierre en vers Lacaussade se pose en poète tropical et déclare ostentatoirement être le premier à adopter et à acclimater la poésie exotique. En même temps il circonscrit clairement les caractéristiques essentielles du futur poète de la nature et revendique l’authenticité et l’originalité de sa démarche poétique et du renouvellement de la poésie pour son compte. Sainte-Beuve dont Lacaussade fut le secrétaire pendant de longues années commente ses aspirations d’un ton bienveillant :

« M. Lacaussade (…) a su se faire une sorte de domaine à part : il est de l’île de Bourbon, de l’une de ces îles des Tropiques, patrie à demi orientale, qu’a marquée Parny dans ses chants et que nous a divinement rendu Bernardin de Saint-Pierre. M. Lacaussade, qui sent profondément cette nature tropicale, a mis sa muse toute entière au service et à la disposition de son pays bien aimé ».

L’exaltation exotique de son île natale place le poète dans le courant naissant du romantisme de la première heure. La référence à Bernardin de Saint-Pierre l’enracine dans la tradition littéraire prestigieuse de Paul et Virginie et de Parny et marque en même temps le nouveau champ littéraire qui commence à se profiler à l’horizon du 19ème siècle. Et n’oubliant pas non plus le roman Indiana (1831) de Georges Sand dont une partie se déroule à l’île Bourbon et où Lacaussade a également pu accorder sa lyre au romantisme. C’est peut-être malgré lui, pour reprendre les paroles de Sainte-Beuve, que Lacaussade crée ce nouveau « domaine à part » où il excelle par le chant de son île tropicale et se trouve en tête du peloton romantique sans dépasser pour autant une renommée modeste. Lorsque Leconte de Lisle entrera dans la célébrité au milieu du siècle il disputera cette originalité à son confrère dont il est de deux ans son cadet – à tort selon Pierre Jobit.

Son thème de prédilection, la nature tropicale, n’est plus traité à la froide manière des descriptifs des néoclassiques qui représentent la nature sous forme d’un miroir impersonnel et neutre, mais bien au contraire de façon personnalisée, subjective et intime ce qui modifie le rapport entre la nature et le sentiment intérieur. Le lecteur ne reste plus figé devant « la solitude des tableaux qu’on lui présente », des objets extérieurs, mais cherche à rencontrer son alter ego, l’ » autre lui-même qui donne la vie et la beauté aux objets extérieurs ; ce Moi universel, principe et fin de l’art, qui est comme la raison d’être de la création. »  Le grand mythe de la nature, énoncé par le jeune Hölderlin en Allemagne et par Jean-Jacques Rousseau en France au milieu du 18ème siècle, selon lequel « le sentiment est plus que la raison », anime les écrivains par une liberté intérieure à puiser dans leur subjectivité pour exprimer leurs états d’âmes et à se libérer des règles et contraintes que leur imposait la rationalité du Siècle des Lumières.

Les créateurs de l’art, les peintres,  sculpteurs et écrivains transcendent leurs sentiments pour les superposer à la nature. Le nouveau poète voyageur  fait part de son itinéraire subjectif en se racontant à lui-même ses propres impressions et se fond « comme une figure une et multiple à la fois dans les paysages empruntés à la vie et au climat des Tropiques »  qu’il fait découvrir au lecteur avec lequel il entame le dialogue dans la perspective d’un humanisme intégral.

C’est aussi la perspective romantique issue du sensualisme de John Locke qui imprègne Lacaussade de sensibilité romantique. La  pensée de Locke a dominé l’ensemble du 18ème siècle en affichant d’emblée sa méfiance à l’égard de la raison cartésienne  et de la réflexion discursive. Ce sensualisme naissant a un fort impact sur Lacaussade qui traduira en prose les poèmes d’Ossian, cet Homère du Nord, porteur de liberté et référence des romantiques européens.  Pour Lacaussade cette traduction le plonge dans un univers imprégné de l’omniprésence du sensible et du primat des sensations qui créent un tableau impressionniste de landes, collines et vallées. 

Le discours sur l’île et son origine bourbonnaise reprend chez Lacaussade les topoï des récits de voyage traditionnels. En faisant référence au paradis terrestre il emprunte sa description hyperbolique de l’île aux voyageurs qui la décrivent de façon enthousiaste comme une terre promise où le climat, la flore et la faune sont incomparables, où gibier et poissons fourmillent et fruits de toutes sortes abondent. Lacaussade se réfère notamment à un marin, connaisseur d’autres terres, Jurien de la Gravière : « Jamais, dit-il, dans les archipels mêmes de la Malaisie, mes regards n’avaient rencontré de spectacle plus enchanteur. Pour la beauté pittoresque des sites, l’île Bourbon n’a rien à envier aux Moluques (…) .Le lecteur se retrouve à la période d’un paradis terrestre naturel quand l’île Bourbon ne fut pas encore marquée par l’Homme, car inhabitée avant l’arrivée des navigateurs, puis des colonisateurs.  Selon Myriam Kisse Crlhoi, « l’imaginaire du paysage fantasme non sur une utopie mais sur un idéal perdu définitivement dans le temps et dans l’espace. La nature subit autant que l’homme la corruption (…) En ce sens, le lyrisme de Lacaussade n’est pas classique ou romantique, il exprime une véritable profession de foi politique. »  : D’un coupable sommeil réveille-toi, poète!/Pour le droit opprimé, debout! et haut la tête! »

Tout en recréant l’espace insulaire dans l’imagination de son passé et notamment de son enfance Lacaussade ne configure jamais l’île de La Réunion géographiquement. En absence de forme son hymne pro insula ne se matérialise pas mais laisse libre cours à un chant continu de célébration qui selon Isabelle Bertin propulse l’île « hors de sa sphère et l’érige en personnage mythique »  qui jouit des éléments insulaires : les brises, la mer, les oiseaux, le soleil. L’île se dérobe toujours au chantre et l’écart entre le lieu et le souvenir ne sera jamais comblé. Mais le titre du recueil « Poèmes et Paysages » n’indique-t-il pas déjà cette douloureuse disjointure entre deux phénomènes autonomes et étanches que les vers en cascades n’arriveront jamais à transgresser, aporie qu’Isabelle Bertin résume sous forme de « l’impossibilité d’une île » ? Cependant l’objectif du Créole devenu continental n’est pas non plus de visualiser la terre insulaire qu’il peint souvent sous forme d’images sonores pour paysager du sonore ou musicaliser l’espace (G. Samson). Le travail d’anamnèse et de résurrection de la nature de son île ne correspond pas à un effort intellectuel, mais se construit avec tous les sens pour celui qui saura construire une vision holistique à forte charge émotionnelle et subjective. Le poète exaltant les lieux et les temps de l’enfance joue sur la palette des cinq sens et le moule sonore débordera dans une forme ouverte et multidimensionnel, musicale et sensible.

 

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Dès le premier vers Lacaussade entame le chant élogieux et nostalgique de son île dorée sous forme d’un hymne à sa terre natale en s’exclamant « O terre des palmiers » (v.1), expression reprise et précisée un peu plus loin « O terre où je naquis » (v.12). Cette terre-mère où le poète a vu son âme s’éclore apparaît comme une nature tropicale avec des « palmiers » et le chant de la « mer » et des « oiseaux » (v.2). A l’attaque du poème, c’est-à-dire dès le premier vers initial, Lacaussade entame son chant lyrique par une exclamation ou une apostrophe qui permet d’interpeller et de désigner le destinataire personnifié, l’île Bourbon, auquel le poète adresse la parole et verse ses louanges. D’un point de vu linguistique et selon le modèle de Roman Jakobson, cette incantation presque religieuse relève de la fonction phatique du langage qui établit ou réaffirme le contact avec le destinataire. Au sein du poème la répétition des interjections, soutenue par des anaphores (toi, à toi, terre 3 x) est réactivée à maintes reprises au début, mais aussi à l’intérieur des vers et marque l’envoutement passionnel de l’orateur lyrique. « O terre des palmiers » est un vocatif précédé de l’interjection « O », tonalité vocalique marquant une émotion vive et profonde et le sentiment de l’admiration d’une âme fortement affectée. La proposition se ferme par un point exclamatif qui conduit à une présentation hyperbolique dans la mesure où tous les attributs et images énumérés par la suite et désignant l’île sont connotés positivement et recouvrent une forte charge émotionnelle.

Le poète, Lacaussade, extraordinairement ému, chante cet hymne à son île (à toi mes chants ! à toi mes hymnes) pour glorifier et magnifier sous forme d’une amplification sa beauté, sa force et son innocence. Les apostrophes « incantatoires » ainsi que les images fortes matérialisent en peu de mots le sentiment de communion du poète avec la nature. L’utilisation suggestive et expressive des métaphores qui filent dépassent le vocabulaire descriptif par la complexité des connotations et transforment le poème en allégorie.

La matière insulaire se présente à la fois comme représentation visuelle et auditive, mais se fait ressentir aussi de manière tactile par les « brises » de la mer qui effleurent notre corps et l’embaument. La perception de l’île correspond alors à une approche holistique qui éveille tous les sens de l’être sensible, le poète. « L’aurore » (v.3), c’est-à-dire le moment où une lueur brillante commence à poindre à l’horizon un peu avant le lever du soleil, est particulièrement précieux pour le poète romantique parce qu’il capte l’attention de tous les sens à la fleur de la vie et est évocateur de souvenirs . Le poète qui voit briller l’aurore à son réveil se trouve dans un moment heureux où la nature est calme, l’air serein et le silence habite son cœur.

En ce qui concerne le cri des oiseaux, le moule sonore de l’île Bourbon est le chant doux et mélodieux des « bengalis »  (v.3). L’apparition récurrente de l’oiseau bengali dans la poésie de Lacaussade assure le lien entre les différents espaces, la métropole et l’île dorée, et montre la difficulté du poète à surmonter la séparation avec son île enchantée. Le bengali est son ami d’enfance qui vient chanter au bord de son chemin, dans les rizières et boit dans le creux de sa main , mais laisse le poète seul sur la terre de la métropole. Le souvenir de ce « poète au gosier d’or » est évocateur d’images de « l’île d’azur »    et inspire la muse du poète.

L’évocation îlienne de la terre bénite est comparée dès le premier vers avec « le pays d’Eléonore » qui représente le point d’orgue sentimental par allusion au poète bourbonnais Évariste Parny (1753-1814). Lacaussade fait allusion ici à Esther le Lièvre, plus connue sous le nom d’Éléonore, nom qu’attribua Parny à sa jeune muse créole qui lui inspira par son amour déçue (son père s’oppose à leur mariage) les » Élégies érotiques » (1778). Privilégiant le témoignage de sentiments et d’élans personnels ces élégies que Chateaubriand prétendait connaître par cœur en 1813 signalent l’apparition de l’introspection dans la poésie fugitive et s’inscrivent dans le courant de la littérature exotique très en vogue de l’époque. De plus la situation insulaire de l’île de la Réunion, son isolement dans l’océan Indien et son éloignement par rapport à l’Europe sont particulièrement propices à la mythification.

Parny qui s’intéressera particulièrement à la vie des indigènes lors de ses voyages à Pondichéry et à l’exploitation économique de la Compagnie des Indes manifestera plus tard dans ses « Chansons madécasses », mises en musique par Maurice Ravel en 1927, des propos anti-esclavagistes et anticolonialistes  pour dénoncer l’esclavage comme principal moteur de la société de Bourbon. L’impact de la poésie et des idées politiques de Parny sur la création littéraire et l’idéologie de Lacaussade ne saurait être plus évident.

Après avoir utilisé la comparaison « le pays d’Éléonore » pour exprimer son attachement sentimental quant à son île natale, Lacaussade introduit la métaphore du « Lotus immaculé » qui émerge – « Sortant du bleu des eaux » (v. 5) pour évoquer son pays édénique avant la chute, c’est-à-dire son exil et l’arrivée des Européens  qui jettent tout un pays dans la servitude et l’esclavage.

La fleur de lotus, née dans la profondeur de l’eau pour émerger de la vase, est attirée par la lumière pour déplorer sa beauté incroyable, beauté qui en même temps est « immaculée », c’est-à-dire pure, sans tache, sans souillure morale. Lacaussade insiste sur le caractère symbolique de cette pureté qui caractérise sa terre natale, qui par ailleurs est « Vierge et belle comme Eve à son réveil. Tout l’imaginaire de Lacaussade renvoie à cet état pur de la nature dont son île est le « Svelte et suave enfant ».

Ce goût pour la nature qui est le reflet des paysages intérieurs de l’âme ne renvoie pas seulement à la tradition de  Rousseau  et son idée, toute hypothétique, d’un état primitif de la bonne nature en tant que lumineux modèle et idéal du bien  qui est antérieure à la société et à l’histoire. La nostalgie du poète se nourrit également des œuvres comme Robinson Crusoé et des scènes pastorales de Paul et Virginie qui réveillent les souvenirs de l’île lointaine en harmonie avec la nature et chargent les mots du poète de tons chauds et de colorations vibrantes. La nature se montre forte dans la mesure où elle renferme son « telos » en son sein à la manière de monades leibniziennes et se développe en toute liberté. A l’état de la nature tout être est « libre » , et dans son ode à la liberté naturelle de son île natale Lacaussade demande à la nature de s’extérioriser, de se matérialiser en toute liberté pour dérouler sa « chevelure » au gré du « vent ». La genèse de l’île, de sa faune et de sa flore, résulte de cette force créatrice de la nature sous le soleil des tropiques qui semble avoir dicté ses vers au poète pour les faire naître. En même temps le fantasme de la généreuse nature reprend les visions idylliques du paradis terrestre dépeint par Etienne de Flacourt dans son « Histoire de la Grande île de Madagascar (1661) » et par les deux poètes créoles partis à Paris au XVIIIe siècle, Parny et Bertin qui chantent leur nostalgie en exil. Dans sa VIe Élégie Parny évoque la les puissances naturelles de la nature, des volcans et des tempêtes en s’écrions « Ô nature ! qu’ici je ressens ton empire !/ J’aime de ce désert la sauvage âpreté ;/ De tes travaux hardis j’aime la majesté ;/ Oui ton horreur me plaît ; je frissonne et j’admire. »

Cette « insula immaculata » est la muse  du poète, son guide, sa conseillère, « muse natale, muse au radieux sourire » qui lui inspire sa force créative pour faire renaître les splendeurs de la vie et pour peindre et chanter le tableau vivant de son île sous tous ses aspects. Dans L’île natale, il lui chante sa reconnaissance sachant qu’elle est indispensable à toute créativité et qu’elle aide le poète comme Ariane a aidé Thésée à retrouver son chemin lorsqu’il fut loin de sa terre natale.  La muse, chantée aussi par Victor Hugo et d’autres poètes, est omniprésente dans la poésie lacaussadienne. Toute la poésie de Lacaussade en est remplie et il en est tributaire. Dans son poème « Une inconnue » il parle à la « Muse cachée au fond des bois ;/ Ame fraternelle et voilée,/ Dont la voix répond à ma voix » (…) Sois l’Ariane pure et blonde/
Qui, m’inspirant dans mes sommeils,/ Me conduise à travers le monde/ Par le fil d’or de ses conseils. »

La muse qui accompagne le poète du berceau à la tombe est la force motrice de son élan poétique et lui dicte les louanges de son île natale pour célébrer et remercier cette jeune beauté qui lui a tout appris dès son enfance – « m’a appris à lire ».

Mise à jour le Mardi, 01 Octobre 2013 16:47